Un vieux chalet du Beaufortain rénové avec sensibilité

    L’architecte d’intérieur Vincent Guillo a redonné vie à ce chalet traditionnel du Beaufortain vieux de plus de 200 ans.


    Au départ, un petit chalet "dans son jus" perché à 960 m d’altitude, où un couple amoureux du Beaufortain décide d'élire domicile. Mais avant de pouvoir emménager, l'heure est aux rénovations. Féru de vielles bâtisses, Vincent Guillo est immédiatement séduit par les grandes charpentes en débord caractéristiques de l’architecture montagnarde locale. Les possibilités de jouer sur le volume de la grange sous la toiture et son potentiel d’ouverture sur la vallée plein sud sont évidents aux yeux de l'architecte d'intérieur et seront le point de départ d’une rénovation sobre et moderne avec pour fil conducteur, le respect du bâti existant et des matériaux d’origine.


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    • Un chalet typique à la toiture à débord

      Coup de foudre pour le grand terrain, le panorama à couper le souffle et l'authenticité de ce chalet typique de 190 m2 laissé à l'abandon. Pour les propriétaires qui explorent le Beaufortain depuis des années, chaussures de randonnées aux pieds, le regard toujours conquis par les vieilles planches et les toitures à débord qui essaiment le Beaufortain, dénicher ce chalet datant de 1780 est une véritable aubaine.

      Pas question d’en dénaturer l’allure montagnarde ni la silhouette étroite et pointue caractéristique des chalets d’altitude du Beaufortain. La rénovation se doit d’être durable, écologique et respectueuse des os et de l’âme de la bâtisse.


    • Conserver la charpente d'origine

      La charpente d’origine qui fait l’allure du chalet est donc conservée intacte.

      « L’idée de départ était d’investir en priorité la totalité de la grange, offrant une large vue magnifique au Sud sur la vallée, avec les contraintes de conserver au maximum la charpente qui était en très bon état » explique Vincent Guillo.

      [Photo ci-contre] Vue sur la zone de séjour située à environ 6 m au dessus du terrain qui ouvre désormais sur une belle terrasse de plain-pied.


    • Retrouver la lumière si particulière de la grange

      Le point de départ du projet : La grange lumineuse, coiffée d'une charpente fine et légère dite en « chandelles » et habillée d'un parement de planches à claie-voie en façade. Dans la région de Beaufort, ces grandes charpentes très pentues posées en débord sur une base de deux niveaux en pierre étaient traditionnellement destinées au stockage du foin. Grâce à leur forte inclinaison et à leur couverture en chaume, la neige ne pouvait s'accumuler, d’où leur structure particulièrement légère pour une construction montagnarde.

      L'architecte d'intérieur Vincent Guillo tombe sous le charme de la lumière envoûtante de l'ancien fenil et propose de conserver le volume initial et la transparence de la structure pour « retrouver l’ambiance et la lumière particulière de ces granges »


    • Une double charpente

      Une double charpente neuve est construite en retrait derrière l’ancienne. « Cette option a permis de conserver la visibilité et l’intégralité de la charpente ancienne sur ce grand pignon Sud, le retrait important de la nouvelle façade permettant aussi une protection pour la neige et l’ensoleillement d’été. », explique Vincent Guillo.


    • Douceur tamisée

      Des clins sont reposés par endroits devant les baies pour retrouver cette lumière particulière de la grange originelle.

      L'effet intérieur/extérieur apporte un supplément de charme à l'architecture du chalet.


    • Poutres apparentes brossées et laissées brutes

      Sur le reste du bâti, façades Est, Ouest et Nord, la charpente d’origine brossée est laissée apparente à l’intérieur de toutes les pièces pour être visible de toutes parts. Les aménagements sont implantés de manière à en respecter la trame et mettre en valeur chaque assemblage.


    • ... jusque dans les pièces d'eau

      Le choix se porte sur des matériaux essentiellement écologiques. Dans la salle de bain, on retrouve le même bardage en planches de mélèze thermotraitées et brossées que partout ailleurs dans le chalet. Ici aussi les poutres d'origine sont laissées apperentes dans un souci de valorisation du bâti existant.


    • Une sobriété apaisante

      L’origine orientale du propriétaire pousse vers une grande sobriété des matériaux et des aménagements : parquet en bambou, mélèze brossé et traité par chauffage sans produits chimiques, murs en enduits de terre ...

      Par la suite, un appartement secondaire est aménagé à l’étage inférieur en pierre, selon le plan initial.


    • L'ancienne cheminée

      Pour garder la disposition originale des lieux, une cheminée a été réalisée en sous-œuvre dans le grand avaloir en pierre de la cheminée ancienne située à l’étage inférieur. Ainsi le très grand conduit de cheminée enduit qui traverse toute la hauteur de la grange a pu être conservé et réutilisé tel quel pour sa fonction d’origine, bien placé au centre du chalet.

      • Couverture : Tôle laquée posée sur une isolation performante fibre de bois, le tout installé sur une nouvelle volige en planches de mélèze thermotraitées et brossées, apparentes en sous-face et posée directement sur les grands chevrons d’origine conservés.
      • Façades, Structures neuves en pin sur ossature bois, isolation laine de bois, bardages et clins en planches de mélèze thermotraitées et brossées face intérieure et en bois récupérés sur place et brossés pour face extérieure
      • Sol parquet bambou sur plancher chauffant ou planchers en mélèze thermotraité
      • Murs intérieurs en enduits de terre sur plaque de gypse.
      • Chauffage par chaudière automatique à pellets, silo installé au dos de la grande sous le prolongement de la toiture.


    • Façade Sud "Avant"

      On reconnaît bien l’allure du chalet originel dans ce cliché « Avant travaux » qui démontre une rénovation sensible et respectueuse. Et pour cause : la démarche qui gouverne les rénovations de Vincent Guillo est systématiquement empreinte du souci de ne pas dégrader l’aspect extérieur des bâtisses qui lui sont confiées. Sans doute par devoir moral ne pas porter atteinte au patrimoine architectural qu’affectionne tant cet amoureux de nature et de vielles pierres …

      Réalisation : Vincent Guillo


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